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Le parfum des dieux au musée Cernuschi

Connaissez-vous le bois d’aigle, le styrax, le benjoin ou la résine de liquidambar qui entrent dans la composition de l’encens ? Peut-être pas. Voici donc un  prétexte à pousser la porte du musée Cernuschi pour une exposition tout à fait exceptionnelle, qui accueille de très beaux objets prêtés par le musée de Shanghai. En Occident, on pratique le parfum essentiellement sous sa forme liquide. En Chine, depuis près de deux mille ans, on le brûle. Et cet usage a peu à peu envahi tous les aspects de la civilisation, de la religion jusqu’à la littérature, fondant un véritable art de vivre. Indissociable des rites puisque il s’élève vers les dieux comme une prière, l’encens génère, dès la période des Zhou (1046-256 av. J.-C.) des échanges économiques et bientôt, sous les Han (206-220 après J.-C.) une production d’objets spécifiques, tels les brûle-parfums. La philosophie suivra et il n’est pas rare de voir de grands lettrés, hommes d’Etat, devenir de grands créateurs de parfums. La diffusion du Bouddhisme encourage le rôle donné aux matières aromatiques : on reste subjugué par la beauté des reproductions à l’encre de deux bas-reliefs de Long Men montrant l’empereur Xiaowen et l’impératrice douairière Wenzhao ( Wei du Nord-Ve siècle) lors d’une procession de l’encens. Des bornes olfactives diffusent le parfum qui a pu être le leur. Une promenade poétique et fascinante, mais aussi une initiation captivante à une civilisation.

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