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Étude d’une oeuvre : Lady Bate-Dudley de Thomas Gainsborough

Thomas Gainsborough, Lady Bate-Dudley, vers 1787, huile sur toile, 221 x 145 cm, collection privée en dépôt à la Tate, Londres ©Londres, Tate, 2019

Thomas Gainsborough (1727-1788) est arrivé au bon moment en Angleterre. En 1689, la chute définitive d’une monarchie à prétention absolutiste avait donné aux artistes la liberté de satisfaire le public sans subir, comme en France, les pressions d’un art de cour académique. De façon traditionnelle, le portrait restait la principale activité des peintres. En 1804, un observateur du pays, Jean-Louis Ferry de Saint-Constant, ne pouvait-il pas encore écrire que « les Anglais n’estiment qu’eux et ne veulent d’autre image que la leur » ? Très ouverte à tous les talents, la capitale accueillait néanmoins une foule d’artistes du continent. Né à Sudbury (Devonshire) dans une famille de drapiers, le jeune Gainsborough fut envoyé à Londres vers 1740 pour affermir sa vocation d’artiste. À Saint Martin’s Lane, sorte d’académie libre fondée en 1720 et réorganisée en 1735 par William Hogarth, le graveur français Hubert Gravelot l’initia à l’art du dessin. Il dut se former également auprès de Francis Hayman, peintre attentif à l’art du paysage et qui fut l’un des maîtres de ces portraits collectifs appelés « conversation pieces ». Vers 1745, Gainsborough ouvrit son propre atelier dans le quartier Saint-Paul. Mais les places de portraitistes étaient disputées. Des peintres de renom, tels Thomas Hudson, Arthur Devis, Francis Cotes ou bien encore Allan Ramsay dominaient la scène. Passé dans l’atelier d’Hudson, Joshua Reynolds (1723-1792), rentré d’Italie en 1753, allait unir pour sa part avec brio tradition anglaise et néoclassicisme. À l’image d’autres confrères, Gainsborough préféra tenter sa chance en province. Marié en 1746 à une fille naturelle du duc de Beaufort, le jeune artiste exerça ses talents à Ipswich puis dans le Buckinghamshire, tout en cultivant sa passion pour le paysage. La consécration suivit son installation en 1759 à Bath, ville d’eaux mondaine où il concurrença avec succès le peintre-pastelliste William Hoare. Membre fondateur de la Royal Academy instituée entre 1766 et 1768 sous l’égide de Reynolds, Gainsborough regagna en fanfare la capitale en 1774.

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