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Édito : Un départ signifie-t-il une disparition ?

Et puis, juste avant Noël, parmi l’avalanche des livres de fin d’année, m’est parvenu un petit livre d’entretiens tournant justement autour du passage de Guy Cogeval à la direction du musée d’Orsay de 2008 à 2017 (Mémoires d’un antihéros, propos recueillis par Caroline Dubois, éd. Skira, 142 pp., 18 €). Il permet de se remettre en tête ses faits d’armes, tout ce qu’il a apporté à ce musée du XIXe siècle en moins de dix ans. Une décennie remplie d’expositions monographiques (« Ensor », « Jean-Léon Gérôme », « Manet », « Pierre Bonnard », « Charles Gleyre », « Van Gogh/Artaud » ou « Kahlo/Rivera » avec Marie-Paule Vial à l’Orangerie et d’expositions thématiques (« Oublier Rodin ? », « Crime et châtiment », « L’ange du bizarre » ou « Second Empire » avec Yves Badetz). Une décennie de donations et achats importants (la toile magistrale Le Cercle de la rue Royale de James Tissot, le legs Marcie-Rivière, la donation Hays, nombre d’œuvres des écoles étrangères). Une décennie de réaménagements du musée avec l’accrochage repensé de toutes les collections, un nouvel éclairage, l’apparition de couleurs vives sur les murs et la mise en avant des arts décoratifs et des œuvres nabies. Ces transformations radicales ont enfin permis d’oublier les lourdeurs du premier aménagement raté, signé Gae Aulenti. Guy Cogeval a lancé également la mode des mises en scène d’expositions, avec Hubert Le Gall ou Robert Carsen pour « L’impressionnisme et la mode », dont le vert gazon a défrayé la chronique. Il a trouvé des sujets novateurs autour de domaines laissés de côté comme « Qui a peur des femmes photographes ? », autour de la musique comme « Debussy, la musique et les arts » ou « Gustav Mahler », autour de sujets de société comme « Masculin/Masculin » ou « Images de la prostitution ». Son passage à Orsay aura marqué définitivement l’institution, qui a changé physiquement, est sortie de son cadre temporel et s’est engagée dans les voies de la modernité, quitte à piétiner les plates-bandes du Centre Pompidou. Pendant son « règne » à Orsay, malgré son caractère entier qui a conduit à l’opposition de certains membres de son équipe, Guy Cogeval a surtout proposé de nouvelles approches de l’art du XIXe siècle et a su s’interroger sur une manière contemporaine de présenter les œuvres d’art. On le voit, un départ ne peut en rien signifier une disparition définitive.

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