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Édito : Que va-t-il rester de notre ministère ?

Lors du mini-remaniement du 4 septembre, un soupir de soulagement a dû déranger le calme intense de la Rue de Valois lorsque les équipes ont su qu’il n’y avait pas de changement en vue. Pourtant, on peut s’interroger hurla situation sur place. Tous les trimestres, le périmètre de la Culture est rogné petit bout par petit bout. Cela a commencé avec le patrimoine. Ayant l’oreille du président Macron et de sa femme Brigitte, le journaliste Stéphane Bern a obtenu une Mission patrimoine pour trouver les financements nécessaires à la restauration des édifices en péril (lire notre numéro de septembre et notre Spécial Patrimoine en France 2018, centré sur les deux cent soixante-neuf bâtiments repérés). Puis cela a continué avec le Livre. Pour éviter tout soupçon de conflit d’intérêts avec son ancienne activité à la tête des éditions Actes Sud avec son mari Jean-Paul Capitani, elle a été déchargée par décret de la « régulation économique de l’édition littéraire » et de ses attributions concernant le Centre national du livre. Pour les bibliothèques, c’est Erik Orsenna, un autre proche d’Emmanuel Macron, qui a été choisi et, pour la francophonie, Leïla Slimani la représente désormais. En parallèle à cette réduction de périmètre, Françoise Nyssen a dû encaisser en quelques mois un nombre impressionnant de défections ou abandons de postes : son directeur de cabinet et plusieurs conseillers, puis le directeur des Archives (Hervé Lemoine parti pour le Mobilier National), la directrice des Musées de France (Marie-ChristineLabourdette mutée à la Cité de l’architecture), la directrice de la Création artistique (Régine Hatchondo transférée chez Arte France) et le directeur des Patrimoines (l’ineffable Vincent Berjot). Autant de postes longtemps restés sans affectataire et auxquels il faut ajouter de nombreuses institutions sans directeur ou directrice (Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, École nationale supérieure des beaux-arts, Jeu de paume…). Pour l’instant, au ministère, on attend le rapport de Philippe Bélaval, l’infatigable directeur du Centre des Monuments nationaux, qui a reçu pour mission de repenser l’organisation de la direction générale des patrimoines. Est-ce que ses conclusions vont faire évoluer l’organigramme complet du ministère ? Y aura-t-il une réforme générale ? Un déblocage pour toutes ces nominations en attente de lettres de mission ? Quoi qu’il en soit, ce ministère moignon a besoin de changement. Il ne peut pas se passer d’une réflexion totale, remettant à plat ses prérogatives et ses fonctions. À ne rien faire, il court le risque d’une prochaine disparition.

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