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Découverte de 572 peintures rupestres en Australie

Un groupe de chercheurs australiens est à l’origine d’une incroyable découverte en Terre d’Arnhem, une région aborigène du nord de l’Australie. Plusieurs centaines de peintures rupestres, situées pour la plupart dans des cavités accessibles et visibles à basse altitude, ont été analysées sur 87 sites différents. L’étude de ces représentations a permis aux archéologues d’identifier un nouveau style pictural, baptisé « Maliwawa Figures », en référence au nom du clan aborigène local Maliwawa et de dater leur exécution de 6000 à 9400 ans, soit durant l’ère Mésolithique.

Une faune diversifiée

Les Maliwawa Figures illustrent une faune tout particulièrement variée, représentée tantôt de profil, tantôt en effet de double perspective. Sur les 572 peintures étudiées, 319 présentent en effet des représentations animalières tandis que les figures humaines n’apparaissent que sur 240 d’entre elles. Près d’une vingtaine d’espèces ont pu être identifiées, parmi lesquelles de nombreux marsupiaux (émeu, thylacine, kangourous, bilbis, wallabies), des oiseaux, des reptiles et des poissons. À cette dernière catégorie appartient notamment une exceptionnelle représentation d’un mammifère marin, le dugong, qui devient la plus ancienne connue à ce jour.
Dans la famille des marsupiaux, la découverte de figures de bilbis (de la langue aborigène Yuwaalaraay, signifiant « rat à long nez ») est tout particulièrement signifiante. Si la représentation de deux bilbis dos-à-dos est commune dans l’art rupestre aborigène, leur présence dans cette région est surprenante car cette espèce vit dans le désert, et est habituellement associée à un environnement aride et semi-aride, bien différent de celui de la Terre d’Arnhem. Ce détail témoigne de la circulation des clans aborigènes vers des zones plus au sud et sur la côte. Ces derniers auraient alors reproduit à leur retour des scènes et des animaux découverts lors de leurs voyages.

La représentation d'animaux dos-à-dos, ici deux de bilbis, est commune dans l’art rupestre aborigène ©P. Taçon

La représentation d’animaux dos-à-dos, ici deux de bilbis, est commune dans l’art rupestre aborigène ©P. Taçon

Des croyances ancestrales mises en images

La taille des figures humaines, représentées majoritairement de profil, solitaires, en groupe ou se tenant par la main, varie entre 50 cm et 1,70m. Certaines d’entre elles sont non genrées tandis que sur d’autres les organes génitaux sont bien identifiables. Le rapport établit par les archéologues souligne que peu de femmes sont dépeintes et que seules les figures mâles sont dotées d’accessoires (coiffes à plume, lances, sacs portés autour du cou, voire des boomerangs).
​On constate également une grande variété de positions (assis, à genoux, couché, rampant, les bras levés ou se tenant la main) et des compositions complexes associant des figures humaines à des animaux. Plusieurs peintures figurent ainsi des personnages tenant un serpent par la queue ou portant un oiseau mort. Les animaux représentés semblent régulièrement associés aux activités des hommes, ce qui laisse à penser que ces images n’illustrent pas seulement des gestes de la vie quotidienne mais aussi des croyances ancestrales et les rituels qui leur étaient associés.

Les figures mâles Maliwawa arborent de larges coiffes coniques ©P. Taçon

Les figures mâles Maliwawa arborent de larges coiffes coniques ©P. Taçon

Des peintures à plusieurs mains

Le style des Maliwawa Figures se définit également par les techniques mises en œuvre. La plupart des représentations sont exécutées à la peinture rouge, dans des nuances plus ou moins légères, et consistent en de simples lignes de contours. Quelques exemples mettent en évidence un travail plus détaillé de remplissage à l’aide des lignes ajoutées à l’intérieur des formes. La coexistence de ces deux techniques picturales incite les chercheurs à émettre l’hypothèse d’une réalisation à plusieurs mains : certains auraient exécuté les formes les plus simples, tandis que d’autres auraient pris en charge les représentations plus complexes.

Représentations d'oiseaux, découvertes sur le site d'Awunbarna ©P. Taçon

Représentations d’oiseaux, découvertes sur le site d’Awunbarna ©P. Taçon

Grâce à cette découverte, la chronologie de l’art rupestre en Terre d’Arnhem a pu être précisée. Les chercheurs sont, quant à eux, persuadés que d’autres exemples de ce style, dans d’autres sites, existent et qu’ils n’ont pas encore été identifiés. D’autres découvertes sont à prévoir.

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